Prix Des Lecteurs Du Livre De Poche 2012 : Avril

30 avr 2012 by

Troisième épisode de mon rôle de jurée pour le  Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2012 (voir les articles Prix Des Lecteurs Du Livre De Poche 2012 : Février et Prix Des Lecteurs Du Livre De Poche 2012 : Mars) avec ce mois-ci 4 livres en compétition.

 

Olive Kitteridge d’Elizabeth Strout

Olive Kitteridge est professeur de mathématiques et mariée au pharmacien dans une petite ville du Maine, aux Etats-Unis. Sur une période d’une trentaine d’années et en 13 chapitres, nous la découvrons, vue par les autres (voisins, amis…) tantôt mégère, tantôt attachante.

 

La construction de ce roman est originale. Le fil conducteur est Olive, bien entendu, mais d’un chapitre à l’autre, d’un point de vue à l’autre, elle n’est pas toujours aussi présente. On la découvre dans la vision qu’ont ses proches d’elle, mais également des moins proches, ceux qui ne la connaissent que de loin. Surprenant et étonnant comme type de portrait! Mais c’est ce qui, pour moi, a fait toute la force de ce roman. Car finalement, ce n’est pas sous le regard de ceux qui lui sont le plus proches que l’on découvre la vraie nature de cette femme, qui passe pour être une « peau de vache », bien au contraire. Au fil des pages, on finit par s’attacher.

Elizabeth Strout réalise un beau portrait de la nature humaine, avec toutes ses qualités et ses défauts. Les thèmes abordés sont universels et parlent à tous : la famille, la vieillesse, le regard des autres… , et sont décrits avec beaucoup de finesse et d’intelligence.

Mais, parce qu’il fallait bien qu’il y en ait un, il m’a manqué ce petit quelque chose qui aurait rendu cette lecture vraiment passionnante. Un peu trop de longueurs, pas assez de dynamisme… un tout petit rien qui aurait pu faire tout basculer.

 

Les Imperfectionnistes de Tom Rachman

La vie d’une rédaction vue par 11 protagonistes qui font ce journal : rédacteur, reporter, pigiste, lecteur… Ils ont tous un rôle à jouer. Mais ils sont incompétents, à côté de la plaque, pitoyables… bref ce sont des imperfectionnistes!

 

A travers 11 chapitres, soit 11 portraits, nous découvrons le quotidien d’un journal international anglophone basé à Rome. Ils ont tous des imperfections, que ce soit dans leur métier ou dans leur vie privée, et ont tous ce côté comique qui ressort de leur situation pathétique.

En alternant ces portraits acides à l’histoire du journal, Tom Rachman met bien en avant les rapports humains, souvent faussés, la compétition et la mesquinerie de la vie professionnelle. Derrière chaque masque, se cache des personnalités fortes, faibles, perdues qui se croisent sans réellement se voir dans la salle de rédaction. Le style est bien trouvé, car chaque chapitre est consacré à un personnage, telle une nouvelle, afin de bien mettre en avant ces identités qui se fondent dans une histoire collégiale qui part à vau l’eau.

Une lecture très agréable, extrêmement bien cernée par l’auteur, journaliste de son état. On rit de leur situation mais on est touché par ces imperfectionnistes, si humains en finalité.

 

La Ballade de Lila K de Blandine Le Callet

Petite, Lila  a été arrachée à sa mère par des hommes en noir. Jusqu’à son émancipation, elle vit recluse dans un centre qui se charge de son éducation. A sa sortie, elle n’a qu’une seule idée, retrouver sa mère dont on cherche absolument à l’éloigner.

 

Placer son roman dans un futur relativement proche (les années 2100) au coeur d’une politique ultra sécuritaire sans pour autant en faire un roman de science-fiction, c’est fort. Et c’est ce qu’a réussi Blandine Le Callet avec cet excellent roman sur l’apprentissage individuel. Le style est froid, comme l’est la narratrice au départ et pose un regard sans concession sur le monde qui l’entoure. C’est une enfant perdue, dans un centre plus proche du milieu carcéral que du jardin d’enfant, qui cherche à savoir qui est cette femme dont les souvenirs de plus en plus flous s’estompent et qui, par là-même, se cherche. Grâce aux rencontres qui jalonnent sa vie, elle va prendre confiance et s’ouvrir aux autres. Et la narration s’en ressent au fil des pages.

Le style est fluide, prenant et on s’attache très vite à Lila. Comme elle, on cherche des réponses. Mais contrairement à elle, on cerne les dérives d’un pouvoir trop présent, qui contrôle tous les faits et gestes de ses citoyens. Pour cela le roman apporte une très grande réflexion qui se poursuit bien au-delà de la lecture elle-même.

En plus d’être un roman sur la recherche de soi, c’est un très ouvrage d’anticipation, proche de l’actualité qui montre les dérives d’une politique qui devient de plus en plus présente dans les libertés de chacun, et qui sonne comme un avertissement. Une très belle lecture, envoûtante et très forte.

 

Les Radley de Matt Haig

La famille Radley vit dans une petite ville anglaise, dans un quartier tranquille et sans histoire. Le père est médecin, la mère participe à un club de lecture et leurs adolescents vont au lycée. Mais si sous tous ses aspects de normalité, les Radley étaient différents… genre… des vampires?

 

Loin de Twilight ou autre Communauté du sud  (ça tombe bien je ne suis pas fan de ces lectures), Les Radley est plus une étude de moeurs sur la condition des vampires, ou non, à notre époque. Et c’est avec plaisir que j’ai découvert la vie de ces abstinents qui s’évertuent à passer le plus inaperçus et normaux possible aux yeux de tous.

Les thèmes abordés sont universels, parlent à tous et se situent bien au-delà de leur condition exceptionnelle de vampires. On y découvre des adolescents qui se cherchent, mal dans leur peau, des adultes qui jouent la comédie afin de mieux donner le change et surtout des gens qui luttent contre leur véritable nature. Bref, des sujets du quotidien, des gens qui pourraient être nos voisins. On peut y voir également une critique satirique des politiciens qui savent et nous cachent tout, noyée dans les aventures de cette famille qui vit des jours très particuliers.

Matt Haig signe un roman captivant en mélangeant différents genres littéraires et, mis à part une fin un peu trop convenue et mélodramatique à mon goût, et nous livre un très bon divertissement, très… addictif! ;)

 

Encore une belle sélection ce mois-ci, riche en émotions. J’ai cru ne pas finir dans les temps pour la première fois depuis le début, mais heureusement cela n’a pas été le cas. Il faut dire que contrairement aux 2 premiers mois, mon aide m’a légèrement laissé tomber pour d’autres occupations…

Comment voulez-vous que j’y arrive? ;)

 

Merci au Livre De Poche pour toutes ces lectures!

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

 

read more

Prix Des Lecteurs Du Livre De Poche 2012 : Mars

30 mar 2012 by

Suite de mon rôle de jurée pour Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2012, avec une sélection plus légère pour ce mois de mars car il n’y avait que 3 livres contre 4 le mois dernier (article Prix Des Lecteurs Du Livre De Poche 2012 : Février). Ce mois-ci, finis les petits livres de 200 pages environ, place aux choses sérieuses!

 

Le Club des Incorrigibles Optimistes de Jean-Michel Guenassia A la fin des années 50 en pleine guerre d’Algérie, Michel Marini, un jeune lycéen, se lie d’amitié avec les membres d’un club d’échecs. Tous ont fui l’Est et le communisme, et chacun a un passé très difficile. Face aux premiers émois du jeune homme, à ses premières désillusions ou encore ses premières difficultés, ils restent tous d’incorrigibles optimistes…

 

Quand je l’ai vu arriver avec ses 700 pages, je me suis dit qu’il avait intérêt à être bien… et je n’ai pas été déçue! Jean-Michel Guenassia a pris son temps pour l’écrire, tout comme il prend le temps d’installer son histoire et ses personnages. Du coup, il nous embarque dans le passé au coeur de ce club d’échecs, à la rencontre du jeune Michel et de ses amis aux destins si exceptionnels et si brisés à la fois.

On sent un vrai travail de fond dans la reconstitution des années 60, dans les faits relatés en rapport avec le communisme et dans la construction de ses personnages. C’est extrêmement bien écrit, très fluide et à aucun moment, je n’ai trouvé le temps long. Il a su trouver le bon ton pour nous plonger dans l’Histoire sans paraître rébarbatif et accrocher son lecteur. Ma lecture devenait addictive tant il a réussi à mêler l’émotion, le documentaire, la précision… bref, j’en redemandais à chaque page.

L’auteur n’a pas fait un roman nostalgique, bien au contraire, mais un roman plein d’espoir et d’optimisme. Une très belle lecture.

 

Les Bulles de Claire Castillon 38 prénoms. 38 nouvelles. 38 portraits. Bienvenue dans leurs bulles!

 

Ces 38 portraits au vitriol sont construits sous forme de monologues. Chacun voit le monde de sa bulle, ou bien est vu dans sa bulle. Des portraits sans complaisance, parfois dérangeants de personnalités qui vivent parfois hors du monde ou pense le maîtriser parfaitement. Dans ces portraits poussés à l’extrême, on sent à chaque ligne poindre la réalité, au point de reconnaître des traits de caractère chez soi ou chez les autres.

La thématique est très intéressante et surtout très bien écrite, on sent que Claire Castillon a bien étudié la nature humaine.

Malheureusement, j’ai trouvé cela assez redondant. Chaque nouvelle est écrite sur le même schéma et 38 nouvelles, cela fait beaucoup. Elles sont courtes voire très courtes, mais je me suis lassée au fur et à mesure. Dommage, le ton acerbe me plaisait bien…

 

Charlotte Isabel Hansen de Tore Renberg A 24 ans, Jarle Klepp, étudiant en littérature, est prédit à un brillant avenir. Une lettre va changer sa vie. Il est le papa d’une petite fille de 7 ans, Charlotte Isabel, fruit d’une relation alcoolisée lors d’une lointaine fête de lycée. Afin qu’il fasse la connaissance de la petite, la mère de Charlotte lui envoie sa fille une semaine, sans lui laisser le choix.

 

J’étais un peu réticente au début de cette lecture. Le sujet ne m’emballait pas et j’avais peur de vite m’ennuyer. Mais, rapidement, j’ai été rattrapé par l’histoire émouvante de ces 2 êtres qui se découvrent.

Loin d’un mauvais roman à l’eau de rose, ce livre est extrêmement intelligent, humain et tendre. C’est l’histoire de deux personnes qui se cherchent, l’une de 7 ans qui essaie de comprendre les « grands », de trouver sa place avec ce nouveau papa, et l’autre qui croit que sa vie est établie sur le chemin qu’il s’est défini, alors qu’il n’en est rien. En se découvrant père, Jarle se découvre une autre vision de la vie, bien plus élargie qu’il ne pouvait l’imaginer. C’est en quelque sorte le passage de sa vie d’enfant à sa vie d’adulte.

Même si l’on se doute de la finalité de l’histoire, Tore Renberg réussit grâce aux questionnements de ce jeune papa, à nous toucher. Cela ne sombre pas dans la mièvrerie, au contraire, c’est très humain et on se prend d’affection pour ce duo assez bancal. Une très jolie surprise, que je ne regrette pas d’avoir découverte!

 

Vous l’aurez compris, cette sélection fut une bonne pioche. J’attends la suivante avec une impatience grandissante…

Au fait, je ne vous ai pas dit mais je triche un peu car nous sommes 2 jurés. Et le deuxième lecteur prend son rôle très au sérieux… ;)

 

Merci au Livre De Poche pour toutes ces lectures!

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

read more

Le Photographe – Les Médecins A L’Oeuvre et Retour En Solitaire

12 mar 2012 by

Après vous avoir vanté le premier tome dans mon article Le Photographe – Au Coeur de l’Afghanistan, voici les 2 volumes qui complètent cette magnifique trilogie.

Le photographe – Les Médecins à l’oeuvre

Didier Lefèvre, le photographe, et l’équipe de Médecins Sans Frontières arrivent en Afghanistan et installent un hôpital de fortune pour soigner les blessés. Petits bobos ou grosses blessures dues à la guerre, les médecins s’efforcent de faire de leur mieux dans des conditions précaires tout en formant les afghans aux gestes essentiels de la médecine occidentale.

Le Photographe – Retour en Solitaire

Une fois sa mission terminée, Didier Lefèvre décide de ne pas reprendre le chemin du retour avec l’équipe initiale afin de regagner le Pakistan plus rapidement. Des gens assez peu scrupuleux vont se dresser sur sa route, ce qui va rendre son périple très compliqué, douloureux et pénible.

 

Voici donc les deux derniers tomes qui confirment tout le bien que j’ai pensé du premier. Je ne reviendrais pas sur l’originalité du projet, mais je tiens à insister sur la qualité de l’histoire racontée. Les 3 volumes se suivent mais ne se ressemblent pas. Chaque livre est une histoire, que ce soit l’aller, le retour qui est différent, que la mission sur place… chaque tome parle d’un sujet « autonome » tout en gardant le fil conducteur de la mission de Médecins Sans Frontières. C’est très bien construit et du coup, chaque livre amène quelque chose de nouveau et ne nous lasse pas.

Le mélange de la bande dessinée et des photos réalisées lors de la mission, amène une force au récit et aux évènements vécus, que ce soit lors des interventions chirurgicales de l’équipe de MSF ou même lors du retour compliqué du photographe. Raconter la guerre de cette façon est une excellente initiative de la part des auteurs, Emmanuel GuibertDidier Lefèvre et Frédéric Lemercier, car on est vraiment plongé au coeur du récit. La force de ce concept est que l’on s’attache à chaque personnage, comme dans un roman. Les voir à l’oeuvre en photo, les rend encore plus vivants au fil de notre lecture. A la fin du troisième tome, un bref résumé est fait sur chacun, médecins, infirmières ou même afghans, et on sait ce que ce qu’ils sont devenus… la boucle est bouclée en quelque sorte.

Je vous conseille vivement, si vous vous lancez dans la lecture de cette série, de tout lire car c’est vraiment très intéressant. Avant de lire Le Photographe, je ne connaissais pas ce conflit, ni le rôle précis de MSF au coeur des guerres de ce type. De plus, dans le troisième tome, un DVD est inclus, retraçant la mission mais cette fois, filmée par Juliette Fournot qui dirigeait la mission. Ce petit documentaire A Ciel Ouvert est un excellent complément à cette lecture. Cela va paraître idiot, mais les voir s’animer et en couleur, c’est encore une autre façon de découvrir ce récit!

En bref, je ne peux que vous conseiller de lire ces bandes dessinées qui ont le mérite de mêler grand reportage à l’Histoire de façon instructive et ludique. Une jolie initiative pour une très belle oeuvre.

lephotographe.dupuis.com

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

 

read more

Les Ombres de L’Innocence

5 mar 2012 by

Les Ombres de l’Innocence d’Alice Siccart

Le cours de ma vie s’est momentanément interrompu le 1er Avril 2010. Le temps que mon ancienne vie s’efface, qu’elle décide de s’en aller et de faire partie intégrante du passé, mon corps et mon cerveau se sont mis en stand-by. Une pause. Un arrêt sur images. Dodo. S’endormir fanée, se réveiller neuve. La route a été longue et douloureuse. Je suis bien jeune pour écrire mon histoire personnelle, malgré mes vingt-sept printemps j’ai déjà beaucoup vécu. Ou plutôt, je n’ai fait que survivre. Survivre à la folie, survivre au mensonge, survivre à la faim, survivre à la haine et à l’indifférence, survivre à l’inimaginable commis par celle qui était censée être une mère, survivre aux drames et aux non-dits, survivre au pire. Il y a mieux pour bien démarrer dans la vie ! (présentation de l’auteur)

 

Aujourd’hui, je viens vous présenter le livre autobiographique d’une jeune femme pleine de courage et de ténacité, qui m’a beaucoup touché. Les Ombres de l’Innocence est le récit d’un début de vie chaotique, difficile, jalonné de drames, de non-dits, d’indifférence et surtout d’évènements impensables.

Ce premier roman est très émouvant car il est écrit sans tabous, sans complaisance ni pathos. C’est une écriture vraie qui nous touche au plus profond, car Alice Siccart se livre avec simplicité et sans fioriture. La grande force de son récit est le regard lucide qu’elle pose sur sa vie et les évènements qu’elle a traversé, sans se plaindre et en se relevant sans cesse, en faisant face. Ce livre révèle une jeune femme tenace, qui veut avancer dans la vie et faire de ses blessures sa force.

Ce livre est un formidable exutoire pour une personne que la vie n’a pas privilégié, le roman d’une jeune femme qui a fait de l’optimisme une façon de vivre.

Je souhaite beaucoup de succès à ma blogocopine Cla pour ce roman qui m’a énormément émue et surtout beaucoup de bonheur!!!

Si vous êtes intéressés pour découvrir Les Ombres de l’Innocence, sachez qu’il est actuellement disponible en version numérique sur le site d’Amazon pour la modique somme de 5,14€. Faites donc comme moi! Et plus vous serez nombreux(ses) à acheter ce livre sous sa version numérique, plus il aura de chance d’être édité en version papier. Alors soutenons un jeune talent et devenez fan d’Alice Siccart, en vous rendant sur sa page Facebook!!!!

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

 

read more

Prix Des Lecteurs Du Livre De Poche 2012 : Février

29 fév 2012 by

Comme vous le savez, j’ai été retenue pour participer au Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2012, catégorie Littérature (article Appelez-Moi Madame La Jurée!).

Voici donc la sélection de février, qui était un mois chargé puisqu’il y avait 4 livres!

Le Front Russe de Jean-Claude Lalumière

Un jeune homme, qui rêve de voyage, pense que ses rêves vont se concrétiser en entrant au Ministère des Affaires Etrangères, le célèbre Quai d’Orsay. Mais une rencontre qui se passe mal dès le premier jour avec l’un des hauts fonctionnaires va l’envoyer au « bureau des Pays en voie de Création – section Europe de l’Est et Sibérie » et casser ses espoirs…

 

Ce livre aurait pu également se nommer : Bienvenue dans l’univers impitoyable de la fonction publique et des rêves brisés! L’auteur nous emmène avec humour dans les tribulations de son narrateur qui aspire aux voyages et, pour cela, choisit d’entrer au Ministère des Affaires Etrangères. Ce jeune homme, qui a fait le tour du monde grâce à ses magazines Géo, voit ses illusions et ses rêves se briser, surtout lorsque sa route croise celle d’un fonctionnaire revanchard.

Nous suivons sa disgrâce, ses bourdes, ses tentatives de réussites et découvrons un tableau assez grinçant de la vie de fonctionnaire. Chaque personnage qui l’entoure est caricatural et contribue au pathétique de chaque situation, rendant le narrateur tour à tour émouvant, drôle ou tout bonnement agaçant! Cela aurait mérité toutefois d’être plus acide, les situations restant assez gentillettes.

Le Front Russe est le premier roman de Jean-Claude Lalumière et c’est pour une lecture agréable, le genre de roman qui se lit très facilement et qui fait passer un bon moment.

La Vengeance du Wombat et autres histoires du bush de Kenneth Cook

Au cours de ses nombreuses pérégrinations dans le bush australien, l’auteur a fait des rencontres plus surprenantes les unes que les autres : des koalas explosifs, des wombats hargneux, des chasseurs de serpents qui n’ont vraiment peur de rien… Un vrai panel de folie australienne!

 

Ce recueil de 14 nouvelles est un vrai road-trip dans le bush australien. De rencontres animalières improbables en rencontres humaines, tout aussi improbables, Kenneth Cook nous brosse un portrait très humoristique de son pays. Avec une plume bourrée de dérision, l’auteur nous dépeint des situations qui semblent être aussi bien réalistes que complètement invraisemblables.

J’aimé le style d’écriture de l’auteur, assez détaché et empreint d’énormément d’ironie sur la vie et sur lui-même. On entre très facilement dans ses petites aventures mais même si ces successions de scénettes amusent beaucoup et font rire, elles finissent pas lasser tant cela semble répétitif et finalement assez prévisible.

A lire peut-être au goutte à goutte car c’est une lecture, au final, assez distrayante.

Bifteck de Martin Provost

Durant la première guerre mondiale, André le fils du boucher de Quimper, se découvre le don de faire « chanter la chair »… et toutes les chairs! C’est ainsi que les femmes de la ville, veuves ou esseulées pendant que leurs maris sont à la guerre, viennent chercher du réconfort auprès du jeune boucher. Lorsque le conflit se termine, le jeune homme se retrouve à la tête d’une famille de 7 enfants, tous laissés sur le pas de la porte…

 

De cette première sélection, c’était le roman que j’attendais avec le plus d’impatience. L’histoire m’avait tout de suite emballée, ça promettait d’être drôle, enlevé… et le début l’est. De bons jeux de mots, le ton est léger, mais rapidement on se demande où Martin Provost veut nous emmener. J’ai passé la moitié du roman à attendre quelque chose qui n’est pas venu et qui, du coup, me laisse sur ma faim. Alors que cela commence sous un style romanesque, la fin bascule dans une sorte de rêverie, qui pour moi n’avait pas de sens et m’a littéralement laissé sur le bord du chemin.

Même le personnage principal perd de sa saveur au fil des pages. L’amant fougueux devient un père protecteur conduisant ses enfants sur la route de la vie, mais sans saveur… Ce qui se voulait un joli conte sur la paternité, n’a pas provoqué chez moi l’intérêt qu’il aurait du, peut être.

Je suis passée complètement à côté et heureusement qu’il est court et qu’il se lit bien.

Des Gens Très Bien d’Alexandre Jardin

Alexandre Jardin est le petit-fils de Jean Jardin, dit le Nain Jaune, directeur de cabinet de Pierre Laval à Vichy durant la Seconde Guerre Mondiale. L’écrivain raconte comment depuis ses 17 ans, il prend peu à peu conscience des responsabilités des son grand-père dans les horreurs de la guerre, cet homme en apparence si respectable et si bon…

 

Quand j’ai su que j’allais lire Alexandre Jardin, j’ai été un peu déçue, n’ayant en tête que ses livres tels que Fanfan ou Le Zèbre… bref, le genre de littérature un peu légère qui ne m’attire pas vraiment. Avec ce roman, j’ai été surprise, non seulement par le thème, mais également par le travail autobiographique.

Je suis, malgré tout, extrêmement partagée par ce livre. On y fait la connaissance d’un homme qui ne cesse de se chercher et de trouver des réponses à ses questions via les actes de sa famille qui, comme le titre l’indique très justement, sont « des gens très bien ». A. Jardin cherche à comprendre comment son grand-père pouvait déclarer ignorer le sort réservé aux juifs, lors de la rafle du Vel d’Hiv’ notamment, et surtout comment cet homme pouvait vivre normalement, comment sa conscience pouvait le laisser en paix. C’est très bien documenté, très intéressant et les questions soulevées sur la conscience de chaque responsable dans ce massacre, est vitale. Et pourtant… dès les premières pages, je me suis sentie de trop dans cette histoire. Il est difficile de s’approprier cette histoire familiale qui n’est pas la nôtre, ses doutes, son rejet même vis-à-vis de ce grand-père.

Ce livre est sans aucun doute une très bonne thérapie pour A. Jardin. Faire voler en éclat les faux-semblants et enfin faire éclater la vérité, est nécessaire à cet homme, à ce petit-fils. Au risque d’y perdre son lecteur, pourtant intéressé par la grande Histoire, au passage.

Comme vous pouvez le constater, pas de réel coup de coeur ce mois-ci! Vivement la sélection de mars!

Merci au Livre De Poche pour toutes ces lectures!

Rendez-vous sur Hellocoton !

 

read more

Le Photographe – Au Coeur De L’Afghanistan

15 fév 2012 by

Le Photographe - Au Coeur De L’Afghanistan

En 1986, Didier Lefèvre, photographe, part en Afghanistan rejoindre une équipe de Médecins Sans Frontières, en plein de coeur d’un conflit entre l’armée soviétique et les Moudjahidin. Cette première partie intitulée « Au coeur de l’Afghanistan » raconte son arrivée au Pakistan et la longue traversée de la caravane qu’il accompagne pour atteindre l’Afghanistan.

 

J’ai offert cette bande dessinée à mon homme lors d’un anniversaire, il y a presque 2 ans, et ce n’est que dernièrement que j’ai enfin ouvert ce livre, et bien m’en a pris. Tout d’abord parce que ce n’est pas une bande dessinée « classique ». Toute l’originalité de ce livre vient du fait, qu’aidé par son ami Emmanuel Guibert, Didier Lefèvre nous raconte sa mission sous forme de bande dessinée et surtout agrémentée des photos qu’il a prises tout au long de son périple.

Raconter la guerre sous forme de bande dessinée est déjà somme toute assez novatrice, mais la vraie force de celle-ci est de mélanger 2 styles distincts en intégrant des photos au sein de ces planches. Comme pour nous rappeler que nous sommes dans la réalité alors que la forme choisie pour la narrer ressemble à de la fiction.

La mise en page aussi bien que les dessins sont très fluides et collent parfaitement au récit. Chaque membre de l’équipe, chaque situation, sont représentés de façon très fidèle et nous plongent au coeur de leur vie. Les 2 formes artistiques se complètent parfaitement et amènent du sens et une profondeur très importante, ce qui rend cette histoire extrêmement captivante.

Car au delà de ce parti-pris très intéressant, l’histoire que nous raconte Didier Lefèvre est difficile. C’est l’histoire d’une guerre vue de l’intérieur, d’hommes et de femmes qui se battent pour reconstruire et aider des pays plongés dans le chaos, du choc des cultures… Un témoignage poignant sur la vie « des hommes et des femmes qui tentent de réparer ce que d’autres détruisent » (extrait de la quatrième de couverture), raconté en toute humilité.

Une belle bande dessinée qui tire sa force non seulement de son sujet mais aussi, et surtout, de son originalité qui rend ce témoignage encore plus véridique, digne d’un grand reportage.

lephotographe.dupuis.com

 

N’oubliez pas que jusqu’au 29 février, vous pouvez laisser parler votre créativité en créant un logo pour Un cadeau pour La Vie (Créez un logo pour Un Cadeau pour la Vie) ou en créant un album en ligne (Partagez vos photos avec AlbumBlog) ! Il y a des très jolis lots en jeu, tentez votre chance!

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

 

read more
Page 1 of 9123... »