Lecture

Groenland Manhattan

10 février 2016

Groenland Manhattan de Chloé Cruchaudet

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En 1897, l’explorateur Robert Peary revient de l’un de ses nombreux voyages dans le Groenland avec 5 Esquimaux, dont Minik qui n’est encore qu’un enfant. A leur arrivée à New York, ils sont l’objet de toutes les curiosités, du grand public comme de celle des scientifiques…

 

Ayant adoré le brillant et émouvant Mauvais Genre de cette auteure, j’ai voulu me pencher sur les autres titres de sa bibliographie, notamment avec Groenland Manhattan dont le sujet, tiré de faits réels, avait attiré toute mon attention.

Cette BD retrace l’histoire de Minik un jeune inuit qui, à la fin du XIX° siècle, se retrouve plongé au coeur d’une civilisation à l’opposé de la sienne et qui devient contre son gré un vrai phénomène de mode mais surtout de foire. « Ramenés » avec sa famille comme un trophée par un explorateur prêt à tout pour faire parler de lui, le jeune garçon et sa famille se retrouvent plongés dans un tourbillon qu’ils ne comprendront pas ni ne maîtriseront.

groenland manhattan planche

Au delà de l’aspect historique de ce récit qui met en lumière le parcours oublié du jeune Minik, tiraillé entre deux cultures et deux mondes distincts, Chloé Cruchaudet apporte un témoignage éloquent sur cette société individualiste dans laquelle la science l’emportait avant tout sur l’humain, sans considération aucune. Heureusement, la route de Minik va croiser celle de William Wallace, le directeur du Muséum qui le prendra sous son aile. Mais l’affection reçue ne put effacer le déracinement et la tromperie dont Minik fut victime, perturbant tous ses repères dans une civilisation dans laquelle il ne pouvait trouver sa place.

La poésie du récit et la qualité des illustrations, dont les traitements différents font état des changements qu’ils soient physiques ou psychiques, permettent au lecteur de se prendre tout de suite d’affection pour le personnage central et l’on ne peut que s’émouvoir de son parcours. Et pour aller plus loin, la postface composée de photos d’époque et d’un texte de Delphine Deloget, réalisatrice du documentaire Qui se souvient de Minik? permet d’en apprendre plus sur ces événements tombés das l’oubli.

Avec cette bande dessinée, Chloé Cruchaudet confirme son indéniable talent d’illustratrice et de conteuse de belles histoires, en parvenant à faire venir jusqu’à son lecteur des destins incroyablement forts et captivants.

 

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7 Comments

  • Reply Koalisa 10 février 2016 at 14 h 37 min

    J’avais beaucoup aimé Mauvais Genre, le talent se confirme ! Bises

    • Reply lalydo 14 février 2016 at 21 h 04 min

      Oh oui, un très grand talent!
      Bises

  • Reply Julie Dionaea 10 février 2016 at 22 h 20 min

    J’ai, moi aussi, adoré Mauvais Genre, j’ai hâte de pouvoir lire cette nouvelle bande dessinée de Chloé Cruchaudet 🙂

    • Reply lalydo 14 février 2016 at 21 h 08 min

      Elle date en réalité d’avant Mauvais Genre. Mais cela confirme que le talent était déjà bien là avant la consécration 🙂

  • Reply Petit + Du Dimanche : Janie Jones - Lalydo's Blog | Lalydo's Blog 14 février 2016 at 7 h 00 min

    […] découvrir : – Groenland Manhattan – Trébeurden, à bicyclette […]

  • Reply Baloo 15 février 2016 at 16 h 17 min

    Oui, j’avais bien aimé cette BD aussi. Son dessin traduit vraiment bien l’atmosphère polaire.

    • Reply lalydo 16 février 2016 at 22 h 16 min

      Son dessin retranscrit vraiment une atmosphère, tout comme dans Mauvais Genre, je suis fan!

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