Il y a quelques semaines, j’ai eu l’opportunité de redécouvrir un coin de Bretagne que j’affectionne particulièrement mais par un biais inédit, à savoir à vélo. Sur les chemins de halage ou les voies vertes, sur les routes de campagne ou en ville, j’ai pu apprécier d’un autre œil des lieux déjà familiers et savourer de nouveaux paysages, jusqu’alors inconnus. Une échappée bienvenue et pleine de fraîcheur sur un nouvel itinéraire cyclable dans les différents départements bretons. Suivez-moi, je vous emmène sur mon escapade de Rennes à Cancale, pour une Traversée Bretonne à vélo !
Traversée Bretonne, le parcours à vélo de Nantes au Mont Saint-Michel
Traversée Bretonne est un parcours de 500 km qui relie Nantes au Mont Saint-Michel en passant par Saint-Nazaire, La Baule, Guérande, Rennes, Dinan, Dinard et Saint-Malo. Empruntant les nombreuses vélo-routes déjà existantes, ce tracé, qui met l’eau (fleuve, océan, canaux et rivière) au coeur de la découverte, mais aussi le patrimoine contemporain, artistique, gastronomique, architectural et naturel des territoires sillonnés, se veut unique dans sa découverte de la Bretagne. Entièrement balisé et sécurisé, le parcours offre l’avantage d’être relativement plat et proche des gares pour être ainsi accessibles à toutes et tous, que l’on soit sportif, en famille ou simple cycliste du dimanche… comme moi !

Où louer un vélo ? Abicyclette Voyages
Abicyclette Voyages
81, Mail François Mitterand
35 000 Rennes
02 30 96 49 54
abicyclette-voyages.com
De Rennes à Hédé-Bazouges (43 km)
Pour la première étape de Traversée Bretonne, le rendez-vous était donné à Rennes, la capitale de la Bretagne et… de la mosaïque ! Car, suite à un regain d’intérêt pour cet art décoratif vers 1860 en France, Rennes accueille les frères Isidore et Vincent Odorico en 1882. Si leurs créations s’inspirent principalement de modèles classiques, présentés sur catalogue, il faut attendre la deuxième génération, celle des fils d’Isidore (Vincent et Isidore, pour faire simple) pour voir naître un style Odorico, largement influencé de l’Art Déco, style très en vogue dans l’entre-deux-guerres. Et on peut dire que la famille de mosaïstes a laissé un très bel héritage aux rennais ! Accompagnée d’une guide de Destination Rennes, je suis donc partie visiter l’énorme patrimoine de la ville sur le thème “Odorico et l’art de la mosaïque”.


Il existe de nombreuses fresques dans des propriétés privées et des vestiges sont régulièrement mis au jour, mais certaines réalisations sont très connues et facilement visibles. On peut citer, par exemple le bassin de la piscine Saint-Georges ou l’immeuble Poirier (7 de l’avenue Janvier, non loin de la gare). D’autres sont, quant à elles, plus discrètement présentes, mais accessibles, dans des boutiques. Un plan, disponible à l’Office de Tourisme, identifie tous les points d’attention pour en prendre plein les mirettes. Pour la grande fan d’Art Déco et d’Odorico que je suis, cette visite fut un enchantement du début à la fin et surtout une très jolie manière de (re)découvrir Rennes sous un autre jour. Surtout que la découverte de ce patrimoine d’exception s’est achevée en beauté à la Crêperie Bretone (prononcer brétoné, à l’italienne), dans l’ancienne Maison Odorico où se situaient les ateliers. Mention spéciale pour la salle de bain qui est une pure merveille et pour les crêpes et galettes, bien entendu, délicieuses !



Bretone
7, rue Joseph Sauveur
35 000 Rennes
02 21 07 62 44
bretone.rennes
Après cet excellent déjeuner, il était temps de partir à la découverte de Traversée Bretonne pour rallier Rennes à Hédé-Bazouges. Les plus courageux enfourneront leur fidèle destrier dès la capitale bretonne, empruntant les chemins de halage qui longent le canal d’Ille-et-Rance et d’autres, comme moi, préfèreront raccourcir un (tout) petit peu le trajet en prenant le train jusqu’à Montreuil-sur-Ille. Quelques coups de pédales suffisent, depuis la gare, pour rejoindre le plus ancien canal artificiel de Bretagne. Long de plus de 80 km, il compte 48 écluses entre Rennes et Dinan et offre un terrain propice à la circulation en vélo, en toute sécurité et en toute sérénité. Et cerise sur le gâteau, des parcours artistiques éphémères (comme Les Arts au Fil de l’Eau) organisés depuis une dizaine d’années, sont à découvrir au fil de la piste cyclable. L’occasion de rencontrer une adorable bestiole issue de la 9e édition de L’Art Dérive, dont la thématique était « Microcosmos ».


C’est à Hédé-Bazouges, ma destination du jour, que se trouve un site vraiment remarquable : les 11 écluses. Conçues pour pallier un dénivelé de 27 mètres, elles se succèdent en escalier sur un peu plus de 2km. Selon où l’on se situe, on peut alors les apercevoir en enfilade, offrant ainsi une perspective vraiment incroyable. La découverte se termine enfin au port de la Madeleine qui abrite de nombreuses péniches, certaines habitées, d’autres ouvertes à la location, toutes originales et au charme fou !


Où dormir : Fleurs de Lin
Après cette première journée de découverte de Traversée Bretonne, la soirée et la nuit se prolongent à quelques kilomètres de là, à Fleurs de Lin situé dans le charmant village de Saint-Brieuc-des-Iffs. C’est dans l’ancien café épicerie, totalement réhabilité avec des matériaux biosourcés (tels que la peinture, la literie…) et des techniques éco-responsables, que cet écolodge a vu le jour. Chaque chambre est unique, décorée avec beaucoup de soin et une très bonne dose de goût, et j’avoue avoir eu un joli coup de coeur pour la mienne, aux teintes douces et naturelles.

Outre les hébergements (5 chambre et un gîte), Fleurs de Lin est un tiers-lieu ou se côtoient un salon de thé, une boutique, un espace de co-working, une salle de séminaire et un espace bien-être, dont je n’ai malheureusement pas pu profiter (le maillot de bain étant resté à la maison). Un endroit ressourçant, idéal pour une bonne nuit de repos avant de poursuivre mon voyage.

Fleurs de Lin
1, rue du Lin et du Chanvre
35 630 Saint-Brieuc-des-Iffs
02 99 54 56 51
fleursdelin.fr
De Dinan à Dinard (25 km)
Après un solide et délicieux petit déjeuner maison réalisé par mon hôtesse, il est temps de reprendre la route. J’avoue avoir de nouveau (un peu) triché et ne pas avoir effectué les 38 km qui relient Hédé-Bazouges à Dinan, toujours le long du canal d’Ille-et-Rance. J’ai donc rejoint, en voiture, la si jolie Petite Cité de Caractère de Léhon, son impressionnante abbaye, ses imposantes maisons de granit et son pont emblématique. C’est un lieu que j’affectionne particulièrement et dans lequel j’ai plaisir à revenir flâner régulièrement.


Si le village n’est pas très grand, il regorge néanmoins de jolis trésors à découvrir, comme l’Abbaye Saint-Magloire. Fondée au IXe siècle, cette abbaye bénédictine connut une période faste qui vit des embellissements et des transformations continuels aux XII° et XVII° siècles, jusqu’à sa fermeture lors de la Révolution Française. L’église abbatiale et le cloitre sont en accès libre et des visites guidées de l’intérieur des bâtiments sont proposées par l’Office de Tourisme. Pour avoir déjà eu l’occasion de m’y rendre (ici), c’est à faire absolument !

À peine le vélo de nouveau enfourché, que me voici déjà au port de Dinan. La cité médiévale, merveille d’architecture et d’histoire, est encore l’une de mes villes coups de coeur. Des rives de la Rance aux remparts, en passant par ses nombreuses rues pittoresques, il est difficile de ne pas être émerveillé.e par la beauté de cette cité si précieusement conservée. N’étant pas suffisamment courageuse pour m’attaquer à l’emblématique Rue du Jerzual à vélo, je l’ai donc laissé au port pour grimper cette côte à pied, et profiter des boutiques d’artisans et d’artistes qui la composent.


Puis vient le moment pour moi de me perdre dans les rues de la ville qui fut à la fin du XIII° siècle l’une des places fortes des Marches de Bretagne et dont la prospérité grandit au fil des siècles. J’aime m’y balader, le nez toujours un peu en l’air, pour observer les nombreuses maisons de pans de bois ou encore hôtels particuliers classés aux Monuments Historiques. J’avoue avoir mon petit circuit favori, qui passe au pied de la Tour de l’Horloge, la Basilique Saint-Sauveur, ou encore devant le Château, qui abrite aujourd’hui le musée municipal.


Mais Dinan se découvre également au fil de l’eau. En kayak, en bateau électrique ou à l’occasion d’une balade commentée, il y en a pour tous les goûts !
Où déjeuner : Les Roger-Bontemps
Avant de repartir pour ma plus longue étape de cette découverte de Traversée Bretonne, une pause s’impose ! Le long du port, Les Roger-Bontemps proposent un déjeuner convivial et savoureux, composé d’une cuisine de bistrot et de saison. Parfait pour reprendre des forces !

Les Roger-Bontemps
8 Rue du Quai Talard
22100 Lanvallay
02 96 85 12 98
lesrogerbontemps.com
Le ventre bien rempli et pleine d’énergie, il est temps de partir en direction de Dinard. Après quelques petits kilomètres, la véloroute quitte les bords de la Rance pour rejoindre une ancienne voie ferrée. Un changement de décor agréable, au rythme des pépiements des oiseaux et des anciennes gares toujours présentes.

Après le Moyen-Âge à Dinan, c’est la Belle Époque qui m’accueille lors de mon arrivée à Dinard. Riche d’une incroyable architecture qui borde sa côte, la station balnéaire offre un dépaysement total qui nous plonge instantanément 100 ans plus tôt, lorsque les premiers touristes britanniques vinrent s’y reposer et découvrir les bienfaits des bains de mer. Aujourd’hui, cette période fastueuse se découvre à travers ses nombreuses (400 !) villas Belle Époque et Art Déco. Grâce à une visite guidée, j’ai pu avoir un bel aperçu de cette architecture et entrer dans des lieux fermés au public, comme dans Le Gallic, qui abrite entre autre l’Office de Tourisme organisatrice de cette visite, un ancien hôtel Art Déco inscrit aux Monuments Historiques.


Venir à Dinard, c’est aussi savourer le bord de mer et sa célèbre Promenade au Clair de Lune, longue de plus de 2 kilomètres, qui serpente entre la Plage du Prieuré et la Pointe du Moulinet. Avec sa végétation très exotique et protégée des vents, elle offre une vue magnifique sur Saint-Malo et la Rance. Une balade que j’aime poursuivre jusqu’à la Plage de l’Écluse, la carte postale dinardaise par excellence avec ses hautes maisons qui la dominent et sa piscine d’eau de mer. Au coucher du soleil, c’est l’émerveillement assuré !



Où dîner et dormir : La Vallée
Sur la fameuse Promenade du Clair de Lune, l’hôtel restaurant La Vallée est idéalement situé face à la mer. Lors de mon passage, les jours étant doux, j’ai pu dormir la fenêtre ouverte, au son des vagues… un vrai bonheur que j’aurais pu prolonger durant des jours ! Agréablement agrémenté en chambre de quelques douceurs bretonnes, le lieu est un joli cocon pour se reposer tout en prenant plein les yeux. Cerise sur le gâteau, l’établissement possède un restaurant qui s’ouvre sur la crique et propose une cuisine savoureuse qui vit au rythme des saisons.



La Vallée
Promenade du Clair de Lune
35 800 Dinard
02 99 46 94 00
hoteldelavallee.com
De Saint-Malo à Cancale (20 km)
Cette troisième et dernière journée de découverte de Traversée Bretonne débute par la traversée pour Saint-Malo, en bus de mer. Une fois le vélo bien calé, c’est parti pour une dizaine de minutes de navigation avec pour décor les remparts de la ville corsaire. Sûrement l’une des plus jolies façons d’arriver dans la cité malouine !


De nombreux équipements sont prévus, pour chacune de ses étapes, pour accueillir les vélos et pouvoir visiter en toute tranquillité. C’est ainsi que, libérée de mon fidèle destrier pour quelques heures, je file sur les remparts pour profiter de la vue qui s’ouvre d’un côté sur l’estuaire de la Rance avec la ville de Dinard qui se dessine sur l’horizon, et de l’autre, sur l’immensité de la mer. Pour ma part, un passage obligé et ressourçant.


Difficile, lorsque l’on se rend à Saint-Malo, ne pas penser à son passé corsaire. Au service du Roi, les corsaires étaient autorisés à attaquer les navires ennemis, en temps de guerre. C’est ainsi que de nombreux hôtels particuliers ont vu le jour au sein de l’intra-muros. Aujourd’hui, seule La demeure du Corsaire, construite par le directeur de la Compagnie des Indes au XVIIIe siècle, est visitable. Derrière cette haute bâtisse, dissimulée aux yeux des curieux, se cachent des salons luxueux, un escalier majestueux mais aussi des passages dérobés, des caves et des coffres remplis d’objets qui retracent cette grande épopée malouine. J’ai dû résister à l’envie de chercher des trésors dans les caves de la maison…


Après ce véritable bond dans le temps, il est déjà l’heure de quitter la cité malouine pour ma dernière étape. Et pour cela, rien de mieux que de longer la Plage du Sillon, faire un petit crochet par le Havre de Rothéneuf avant de filer sur une voie partagée (avec quelques petites côtes pour bien faire travailler les mollets), direction Cancale.


Arrivée à destination, comment ne pas être ébloui.e par cette vue sur la ville et ses couleurs si typiques de la Baie du Mont Saint-Michel ? Le vélo posé, je m’octroie ensuite un petit tour dans les rues calmes qui se cachent derrière le port et son agitation.


Cancale, perle de la Côte d’Émeraude, est l’étape gourmande par excellence pour les amateurs d’huitres. Ces dernières, bercées par les marées de grande amplitude de la Baie du Mont Saint-Michel sont classées au Patrimoine Culturel Immatériel de la France. Un marché est d’ailleurs présent au bout du port pour déguster le trésor de la commune toute l’année. Pour ma part, malgré mon manque d’attrait gustatif pour ce mollusque, j’adore rencontrer des professionnels pour les entendre parler de leur métier et transmettre leur passion. C’est donc en compagnie d’Inga d’Ostreika, que j’ai chaussé mes bottes pour patauger dans une vase bien collante en plein milieu des parcs à huîtres. Durant 1h30, cette ancienne employée ostréicole, biologiste de formation, guide nature et animatrice en milieu marin, emmène les visiteurs à la découverte des secrets de l’élevage de l’huître de Cancale, de sa production à la mise en bourriche. Une immersion passionnante qui conclut à la perfection ce séjour.


Où déjeuner : Côté Mer
Avec une vue incroyable sur la mer et des assiettes absolument délicieuses, Côté Mer est l’adresse où faire une pause gourmande. Avec ses produits locaux et de saison, les saveurs sont au rendez-vous. C’était mon deuxième passage dans ce restaurant mais ce ne sera sûrement pas le dernier !


Côté Mer
4, rue Ernest Lamort
35 260 Cancale
02 99 89 66 08
restaurant-cotemer.fr
Ces 3 jours d’escapade de Rennes à Cancale, sur Traversée Bretonne, furent une véritable bouffée d’oxygène, entre terre et mer. Changer de moyen de locomotion, moi la marcheuse, fut l’occasion d’une nouvelle expérience à la (re)découverte du riche patrimoine de cette région, que j’affectionne particulièrement. Véritable invitation à prendre le temps, ce voyage à vélo permet de visiter à son rythme, selon ses envies et ses points d’intérêt. Seul.e, à deux, en famille ou entre ami.es, chacun y trouvera l’occasion d’y dénicher de jolies pépites !
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Cet article est le fruit d’une collaboration commerciale. Je remercie Traversée Bretonne, Fluxus Communication, Destination Rennes, Dinan-Cap Fréhel Tourisme, Dinard Émeraude Tourisme et Saint-Malo – Baie du Mont Saint-Michel pour l’invitation et la découverte de ce parcours unique au coeur de la Bretagne !

Quel courage d’avoir fait ce voyage à vélo. Merci pour les magnifiques photos et les bonnes adresses
Honnêtement, cela se fait très bien car cette portion de Traversée Bretonne n’est absolument pas compliquée. Et c’est tellement agréable de filer le nez au vent ! Merci à toi pour ton petit mot, j’espère que cela t’aura donné envie de venir visiter ce joli coin de Bretagne.